atelier
Il y a plus de 25 ans, MANDA, peintre occidentale, découvre le Japon. Les fréquents séjours quelle y fait lui permettent de développer un art impatient de rompre avec les académismes occidentaux, avec un art qui, trop souvent, racontent « les collisions » entre lartiste et le monde extérieur.Tout dabord elle se voue au culte des grands maîtres du « Bunjinga » (peinture de lettrés) du XVIIIe siècle. Ensuite elle sinitie, auprès de maîtres japonais, à « lart du trait » ainsi qu aux mystères du Haïga, composition où éléments peints et signes calligraphiés dun Haïku (poésie japonaise de 17 syllabes), issus du même pinceau,introduisent la dimension du temps..Très vite encouragée par ses maîtres surpris par son aptitude à saisir et à sapproprier la quintessence de la « poésie-peinture » japonaise, Manda se perfectionne au fil de litinéraire vagabond de ses expositions à travers le monde. Au Japon, bien sûr (une quinzaine dexpositions à ce jour pour la plupart à Ginza - Tokyo), mais aussi aux Etats Unis, en Allemagne, en Suisse, à Monaco et plus récemment en France.Après ses nombreux périples à travers le monde, Manda ressent, aujourdhui, le besoin de partager avec le public français, la dérision, lhumour, le raffinement et lapaisement quoffre lessence (Haïshu) de la poésie-peinture japonaise (Haïga), art dont elle une, sinon la seule, spécialiste en France.On peut ainsi admirer le répertoire classique « fleurs et oiseaux, vent et lune » revisité par Manda qui en propose une interprétation contemporaine. Les représentations sont ici allusives, compléments poétiques à lécriture dun Haïku dont les éléments calligraphiés (kanji ou kana) interrogent lespace, jouent de lesthétique du vide et offrent une résonance tant spatiale que thématique.Les pièces (shikishi, kakejiku et en particulier chagake) réalisées représentent un hommage aux grands maîtres japonais du Haïku et du bouddhisme zen, grands maîtres que Manda vénère et avec lesquels elle dit volontiers partager un intérêt sans limite pour le mystère des saisons et le sentiment nostalgique de la solitude.Dans trois livre de Haïga parus en 2004, 2005 et 2008, Manda a mis son art au servicede la poésie de Matsuo Bashô et Santôka. Un quatrième livre, avec un troisième Haïjin, est en préparation.Elle est également lauteur dun ensemble de Genji-e, Soe-ku réalisés à partir de certains tanka qui émaillent le « Genji monogatari », monument de la littérature classique japonaise.Parallèlement aux futures expositions en France et à létranger, aux cours et aux ateliers de sumi-e et de calligraphie japonaise quelle dispense à Paris et en province, le maître présentera une série de conférences sur « La poétique de lerrance chez les auteurs de Haïku au Japon ».Il faut louer, ici, la démarche qui consiste à faire connaître à un public occidental, une expression qui, bien quauthentiquement asiatique, fait appel à une émotion universelle et intemporelle.